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Ce mardi 24 février, quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, les diplomates se sont une nouvelle fois réunis pour négocier la paix. À cette occasion, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution réaffirmant son soutien à l’Ukraine. Elle exige un “cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel”, une “paix globale et juste”, et réitère un “attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues”. Pourtant, cette résolution a laissé apparaître un malaise discret, qui en dit long sur le revirement de ses soutiens internationaux depuis le début de la guerre en 2022.  

Le virage diplomatique américain : l’unité occidentale mise à l’épreuve

Le texte, présenté  par l’Ukraine avec le soutien de 47 autres pays, a été adopté à 107 voix. Un résultat toutefois inférieur à celui de 2022, lorsque des résolutions similaires avaient recueilli jusqu’à 140 voix.

51 pays se sont abstenus, dont les Etats-Unis : un tournant stratégique dans l’alliance occidentale depuis le début du conflit. L’absence de la voix américaine se fait remarquer, marquant cet éloignement du pays avec son alliance traditionnelle. 

Pourquoi cette abstention américaine ? Washington considère que certaines formulations de la résolution onusienne originale risquent de détourner l’attention des négociations en cours. Les diplomates américains ont souhaité supprimer deux paragraphes : l’un réaffirmant l’intégrité territoriale de l’Ukraine, l’autre exigeant une paix conforme au droit international. Ces amendements n’ont pas été adoptés, à 69 voix contre et 11 votes pour. 

Le député des Affaires étrangères ukrainien a qualifié les suppressions proposées de “préoccupantes”. Il ne peut l’accepter, car il s’agit pour lui d’un “signal dangereux montrant que les principes fondamentaux sont négociables.” Tout simplement inenvisageable.

Kiev et Moscou, des exigences inconciliables

Depuis l’arrivée du président Trump à la Maison Blanche, les États-Unis privilégient la négociation trilatérale avec la Russie et l’Ukraine, pour signer la paix le plus rapidement possible. Même si ses initiatives ont facilité la communication entre les deux belligérants, les barrières restent nombreuses. Les questions de sécurité et de territoire fâchent et limitent le compromis. 

Le chef de cabinet du président ukrainien a clairement affiché l’objectif national : une paix qui doit “non seulement mettre fin à la guerre, mais aussi empêcher une nouvelle agression russe”. Il cherche une perspective long terme.

Quant aux demandes de Moscou, elles restent inchangées. Poutine exige une reconnaissance légale du contrôle russe sur les territoires occupés et des garanties limitant l’expansion de l’OTAN. Selon le Kremlin, l’Ukraine devrait accepter les “nouvelles réalités.” L’ambassadeur russe, avant de rejeter la résolution onusienne, a mentionné que “la paix ne peut pas être juste si elle est interprétée à travers le prisme des exigences d’une seule partie et ignore complètement les préoccupations légitimes de l’autre.” 

Urgence diplomatique 

Les stratégies sont différentes au sein de l’alliance occidentale. À l’ONU, le Président français évoque l’impuissance d’une paix rapide si elle “ne repose pas sur les principes de la Charte”. Si elle ne condamne pas les changements territoriaux obtenus par la force, elle serait “ni juste ni durable.” 

“Nous nous détournons de nos valeurs communes et des lois qui soutiennent le système international”, avertit Stephen Doughty, ministre britannique pour l’Europe et l’Amérique du Nord. La Lettonie, quant à elle, va même jusqu’à accuser la Russie de génocide : “personne n’est protégé des ambitions impériales de la Russie”, avertit Baila Braze, le ministre des Affaires Étrangères.  “Des citoyens de pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie sont manipulés et contraints par la Russie à être envoyés au front pour tuer des Ukrainiens. J’exhorte tous les pays à protéger leurs citoyens de ce sort.”

Alors que l’équilibre international se redessine à la table des négociations, les populations civiles en paient chaque jour le prix immédiat. Le conflit a fait de 2025 “l’année la plus meurtrière pour les civils depuis le début de l’invasion”, rappelle Annalena Baerbock, la  présidente de l’Assemblée générale de l’ONU. Avec plus de 15 000 victimes et 40 000 blessés, un lourd bilan se dresse et souligne l’urgence d’une issue diplomatique, qui se heurte pourtant à une impasse. Aucun consensus ne semble encore capable de mettre fin au conflit durablement.

Cet article a été publié pour la première fois dans l’édition papier de Sundial Press du printemps 2026.

Photo credits: Leonardo Munoz/AFP

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Jeanne Gauvin

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