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Enfant arrêté par la police ICE / Columbia Heights Public Schools

C’est une véritable chasse aux sorcières qui se déroule sous nos yeux et sur nos écrans. La police de l’immigration est partout, sur les routes des quartiers résidentiels, dans les supermarchés, les écoles : les habitants n’osent plus sortir, par peur de voir leurs enfants enlevés, comme le jeune Liam Ramos. Ce petit garçon de cinq ans a été arrêté au retour de l’école maternelle avec son père Adrian Conejo et utilisé comme “appât” afin d’arrêter sa mère. Son bonnet de lapin bleu et son sac à dos Spiderman ont fait le tour du monde, son arrestation révélant l’absurdité des mesures de l’ICE sous le second mandat de Trump. 

Car Donald Trump ne s’en cache pas. Il a  promis de mener la plus grande opération d’expulsion d’immigrés de l’histoire des Etats-Unis. Et d’après le gouvernement fédéral, ce sont 170 milliards de dollars qui seront investis dans le contrôle de l’immigration sur les quatre prochaines années, dont 45 pour étendre la capacité de détention de l’ICE, et 30 pour recruter de nouveaux agents.
Si l’ICE est aujourd’hui composée de 22 000 agents, les mesures de recrutement prévoient une augmentation considérable de leurs effectifs dans les prochaines années. Afin de recruter 10 000 nouveaux agents d’ici 2027, tous les moyens sont bons. Ceux qui s’engagent peuvent toucher jusqu’à 50 000 dollars de prime, profiter du remboursement de leurs prêts étudiants et de prestations de retraites améliorées. 

Fonctionnement efficace et violent

Les stratégies de l’ICE, particulièrement agressives, sont permises et soutenues par une interprétation fallacieuse de la loi fédérale. Les arrestations de voitures au milieu de la route, et l’irruption d’agents dans les maisons sans mandat judiciaire sont devenues monnaie courante. Les agents fédéraux sont autorisés à arrêter toute personne pour laquelle ils possèdent un mandat d’arrêt judiciaire signé par un juge fédéral, ou un mandat administratif rempli par l’ICE elle-même. Mais ce dernier type de mandat, pourtant interdit pour justifier une entrée dans une maison, en vertu du quatrième amendement, est pourtant très utilisé. 

Et de plus en plus, les agents de l’ICE arrêtent sans présenter de mandat, estimant que la personne visée ne possède pas de statut légal valide et qu’il y a de fortes chances qu’elle cherche à s’échapper. Néanmoins, cette estimation ne repose donc sur rien d’autre que sur une supposition. 

Par ailleurs, si une arrestation ne peut reposer uniquement sur l’ethnicité ou l’appartenance raciale d’une personne, la décision de la Cour Suprême de septembre 2025 “shadow docket ruling” a permis à l’administration Trump de les utiliser comme un facteur d’arrestation parmi d’autres (comme parler espagnol, ou travailler dans une profession à majorité immigrante). De plus, l’organisation des raids de l’ICE fait que les personnes interrogées ne peuvent pas exercer leur droit de ne pas suivre les agents : ces derniers sont souvent armés, masqués ou en tenue militaire.

Des cas marquants 

La violence de la police de l’immigration a culminé dans les meurtres de Renée Nicole Good et Alex Pretti, tous deux abattus dans la rue parce qu’ils ont tenté de s’interposer dans les actions violentes de cette police. La direction de la sécurité intérieure (DHS) a présenté les meurtres comme des actes de légitime défense des agents, mais des vidéos ont prouvé le contraire. Dans le cas de Good, tuée le 7 janvier 2026, les témoins ont révélé que les officiers avaient empêché des médecins d’aider la victime. Toutefois, le département des droits civiques du ministère de la Justice a annoncé ne pas ouvrir d’enquête sur l’agent responsable de sa mort. Quant à Pretti, tué le 24 janvier 2026, les preuves vidéo démontrent que la personne visée était désarmée et tenait seulement son téléphone pendant que les agents le maintenaient au sol, s’emparant de l’arme de Pretti avant de le tuer. Des preuves précieuses de nos jours. 

Ces éléments dépeignent l’action violente de cette police de l’immigration, au mépris des lois fédérales et des droits fondamentaux. La création de discours nationaliste et invoquant la légitime défense cherchent à imposer un bien soit-disant fondé et la légitimité d’une organisation brutale, détruisant l’état de droit et encourageant les violations des droits individuels. 

Cet article a été publié pour la première fois dans l’édition papier de Sundial Press du printemps 2026.

Photo Credits: Victor J. Blue / Getty Images

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