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L’ancienne enceinte parisienne ne respectait plus les exigences strictes de l’ATP, notamment concernant ses infrastructures secondaires. Les courts annexes de Bercy étaient jugés “trop bas de plafond”, un manquement qui aurait fait craindre au directeur du tournoi, Cédric Pioline, et à son équipe, une possible perte du statut prestigieux de Masters 1000 dans les années à venir.

La Défense Arena, par son gigantisme et sa modernité, offre la réponse à ces impératifs. L’enceinte permet notamment une expansion des surfaces de jeu, avec désormais quatre courts de compétition ainsi qu’une annexe dédiée exclusivement à l’entraînement.

Le confort des joueurs érigé en priorité

L’amélioration du cadre de vie des athlètes est d’ailleurs l’une des grandes réussites de cette nouvelle configuration. L’accent a été mis sur le bien-être et la récupération, avec la création d’une salle de jeux (games room) et la mise à disposition d’espaces d’entraînement significativement plus grands et mieux équipés. Ces changements ont reçu l’approbation des stars du circuit. La sensation espagnole Carlos Alcaraz aurait ainsi déclaré : “J’aime beaucoup le nouveau lieu, tout est plus facile pour les joueurs, plus confortable”.

Les conditions de travail des journalistes accrédités ont elles aussi été optimisées. avec une toute nouvelle salle de conférence de presse moderne et à un “beau couloir” spécialement aménagé pour le Media Day.

Un progrès in-stadia pour l’inclusion, selon Arthur Delaye

Pour les spectateurs en situation de handicap, le déménagement présente un bilan nuancé, comme l’explique Arthur Delaye, un habitué que nous avons rencontré durant les qualifications.

Sur le plan des infrastructures internes (in stadia), le changement est positif. Delaye explique que les cours annexes, “notamment le court numéro 1 offrent davantage de places PSH (Personnes en Situation de Handicap)  et surtout davantage de place réservée au aux UFR (Usagers de Fauteuil Roulant)”. Il s’agit d’un “progrès de ce côté-là” par rapport aux cours annexes de Bercy, si l’on met de côté la grande salle.

Toutefois, une zone d’amélioration est nécessaire concernant la billetterie pendant les qualifications. La vente est “à placement libre”, ce qui signifie qu’il “n’est pas spécifié que vous avez un billet handicapé lors des qualifications”. Les emplacements sont prévus, mais “les billets ne sont pas spécifiques”. Delaye, qui dispose lui-même d’un billet spécial dans le tableau final, mais pas pendant les qualifications, estime que spécifier un billet “handicapé” permettrait d’être “prioritaire pour avoir ces places là”.

Le choc acoustique et les bugs de jeunesse

Si l’ambition est là, les premières heures du tournoi à Nanterre révèlent des frictions. Pour Séverine, une spectatrice fidèle qui a connu toutes les éditions à Bercy, la Défense Arena peine à instaurer l’atmosphère unique de son prédécesseur. Elle a notamment noté des difficultés techniques, notamment des bugs répétés dans le système d’arbitrage vidéo. Ces problèmes sont survenus, entre autres, lors du match du second tour des qualifications où le Français Valentin Royer s’est incliné en trois sets contre un Sebastian Korda en jambe.

De plus, Séverine pointe du doigt un détail “qui dérange” : les rideaux qui séparent les courts annexes ne parviennent pas à couvrir efficacement le bruit, créant une gêne sonore qui perturbe le confort des spectateurs.

Les obstacles logistiques et l’accueil ex-stadia

Les plus grandes difficultés se manifestent à l’extérieur de la salle (ex stadia), notamment pour l’accessibilité. Arthur Delaye insiste sur deux points majeurs. Premièrement, dès l’arrivée, l’accès aux niveaux supérieurs est rendu difficile car “vous n’avez qu’un ascenseur”. Conséquence : “quand plusieurs fauteuils roulants vont succéder, vous allez attendre l’ascenseur assez longtemps”.

Delaye déplore aussi que les équipes d’accueil ne soient “pas forcément  très préparées, très dynamiques à l’accueil des personnes en situation de handicap”. Il établit une comparaison directe avec l’ancienne enceinte de Bercy, où les équipes étaient “vraiment formés et surtout ils faisaient tout le parcours PMR (Personnes à Mobilité Réduite) avec vous, c’est-à-dire de la porte d’entrée jusqu’à votre place, ce qui ne se fait absolument pas ici”. À la Défense Arena, poursuit-il, “vous arrivez, vous prenez l’ascenseur, vous arrivez en haut et personne ne va vous accompagner forcément jusqu’à votre emplacement handicapé”. Ce manque d’aide ciblé laisse les visiteurs handicapés étrangers “assez démunis et sans d’accompagnement”.

Enfin, au-delà des défis logistiques immédiats, une importante interrogation demeure pour les fans : le spectacle. Le déménagement soulève une impatience notable quant au show d’avant-match. Les organisateurs devront rivaliser d’ingéniosité pour trouver comment remplacer le mythe et l’impact émotionnel du célèbre tunnel d’entrée de Bercy, élément central du spectacle de la Grande Salle.

Cover Photo: La Défense Arena de Nanterre (LP/Jean-Baptiste Quentin)

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Pierre Cotteau de Simencourt

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