« On l’a fait ! », réagit Rob Jetten le 30 octobre, dirigeant du parti centriste néerlandais, après avoir été annoncé vainqueur des élections législatives néerlandaises. « Des millions de Néerlandais ont tourné la page aujourd’hui. »
Le 29 octobre dernier, le parti libéral D66 de Rob Jetten crée la surprise en arrivant finalement à égalité avec le PVV de Geert Wilders, avec 26 sièges chacun. Un résultat inattendu qui marque un tournant : le parti d’extrême droite, donné favori par les sondages, recule de 11 sièges.
Deux ans après la victoire du PVV puis la chute du gouvernement de Shoof, les Néerlandais choisissent de changer de direction pour éviter une nouvelle crise.
Une coalition instable
En novembre 2023, le groupe de Geert Wilders était sorti victorieux des élections législatives, en gagnant 37 sièges sur 150. C’était la preuve que la montée de l’extrême droite n’épargnait pas les Pays-Bas, au point de l’amener au pouvoir au sein d’une coalition majoritaire. Constituée après sept mois de négociations, celle-ci n’a cependant pas duré un an.
Elle a connu de fortes tensions liées aux positions de Wilders, personnalité politique controversée. Surnommé par certains médias le « Trump néerlandais », un grand nombre de ses positions font polémique, notamment sur l’Islam et l’immigration. Ses idéologies paraissaient un obstacle infranchissable pour les autres partis, réticents à s’allier avec le vainqueur.
Bien qu’un compromis avait finalement été trouvé avec le parti libéral-conservateur VVD, le parti centriste NSC et le parti rural BBB, les désaccords restaient nombreux. Le gouvernement, dirigé par Dick Shoof, premier ministre sans affiliation politique, était instable : difficile d’avancer des projets, alors que l’extrême droite tentait d’imposer ses idées.
La chute du gouvernement
Ces désaccords ont culminé lorsque Geert Wilders a posé un ultimatum aux autres partis. Il a menacé de quitter le gouvernement si la moitié de ses propositions, dont un durcissement migratoire, n’étaient pas acceptées par la coalition.
En voyant qu’ils ne cédaient pas, le 3 juin 2025, le chef du PVV a décidé du retrait de son parti. Le gouvernement de Dick Shoof fut contraint de démissionner et de nouvelles élections législatives anticipées ont été convoquées pour l’automne 2025.
Retour aux urnes
C’est ainsi que le 29 octobre dernier, 27 partis se sont disputés les 150 sièges du Parlement. A quelques jours des élections, un sondage montre les différentes coalitions au coude à coude : le PVV, la coalition entre gauche et écologistes (GL-PvdA), les libéraux (D66), les chrétiens-démocrates (CDA) et les conservateurs (VDD) étaient tous entre 10,4% et 16,7% des intentions de vote.
Même si près de la moitié des électeurs hésitent toujours, le favori des suffrages est de nouveau Geert Wilders. Pourtant, cette fois, la possibilité d’une coalition avec le PVV est quasiment exclue par les autres groupes politiques, qui ont toujours en tête les exigences de l’extrême droite et son départ du gouvernement en juin dernier. Son représentant, même s’il gagne, se retrouve donc isolé. Selon Koen Damhuis, politiste à l’université d’Utrecht aux Pays-Bas, « Geert Wilders ne fera probablement pas partie du nouveau gouvernement vu qu’il a fait exploser la dernière coalition. Donc très peu de partis politiques veulent encore travailler avec lui à droite. Et à gauche, ils sont opposés à ses prises de positions très radicales ».
De l’autre côté, un candidat monte en flèche dans les sondages : Rob Jetten, à la tête du parti D66, qui partage un message optimiste « Je veux ramener les Pays-Bas au cœur de l’Europe car, sans coopération européenne, nous ne sommes nulle part », dit-il à l’AFP après avoir voté à La Haye. Pourtant, il y a peu d’espoir, il n’est pas annoncé vainqueur par les sondages.
La vague populiste déchante
C’est alors à la surprise générale que le parti centriste D66 est arrivé en tête, avec 16,9% des voix contre 16,7% pour le PVV. Les deux groupes obtiennent chacun 26 sièges sur les 150 que compte la Seconde Chambre des États Généraux. Une période de négociations débute afin de former une coalition. Cependant, le PVV n’est plus au centre des pourparlers, ainsi il est probable que Rob Jetten soit choisi comme Premier ministre. La gauche écologiste a elle aussi subi un revers, passant de 25 sièges à 20, amenant le chef de parti Frans Timmermans à quitter ses fonctions. La formation d’un nouveau gouvernement s’annonce donc à nouveau longue et difficile. Malgré une victoire relative au centre, la droite radicale garde une position importante.
Toutefois, c’est un message fort que les électeurs néerlandais envoient à l’Europe : la vague populiste s’essouffle aux Pays-Bas. L’échec de l’ancien gouvernement entraîne un revers pour l’extrême droite, qui perd une part importante de son électorat. C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour le pays, guidé par le chef du centre Rob Jetten.
Photo Credits: Piroschka van de Wouw/Reuters
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